Ouest france 22/08/2012

Au pays des champions internationaux d'endurance

mercredi 22 août 2012
  • Klervi Léfèvre et son compagnon Olivier Bocher sont aux commandes de l'écurie de Kerrougant, à Bodervedan.

    Klervi Léfèvre et son compagnon Olivier Bocher sont aux commandes de l'écurie de Kerrougant, à Bodervedan.

Reportage

Dix heures du matin, jeudi d'été. Tenue par une longe, la jument tourne inlassablement autour de Klervi Lefèvre, 29 ans.

Immobile, la jeune femme observe avec attention chacun des mouvements de l'animal. « Nous entraînons chaque cheval au moins deux heures par jour », explique l'éleveuse.

En mai 2011, cette native de Perros-Guirec et son compagnon Olivier Bocher ont ouvert l'écurie de Kerrougant, à Silfiac. L'objectif : élever et entraîner des chevaux destinés aux courses d'endurance.

« Les épreuves internationales se disputent sur 100, 130 ou 160 km. Et les championnats du monde, qui ont lieu tous les deux ans, uniquement sur 160 km ». La France se classe parmi les leaders mondiaux. À Bodervedan, une quinzaine de champions en puissance venus de toute l'Europe suivent un entraînement rigoureux, en vue de décrocher un jour le Graal.

« Nous en avons aussi reçus d'Arabie Saoudite. Les chevaux d'endurance sont surtout des pur-sang arabes. Ils sont petits, vifs et robustes. Il en faut beaucoup pour les fatiguer », explique Klervi Lefèvre.

En 1999, la Bretonne a obtenu une médaille d'or, lors des championnats d'Europe, en équipe de France jeunes cavaliers.

Un pur-sang arabe

Cette année, elle s'est également classée 6e lors des épreuves de sélection pour l'équipe de France, en vue des championnats du monde qui se dérouleront le 25 août en Angleterre. « Mais la jument que je montais sera louée au Portugal par son propriétaire à cette période. Je ne pourrai donc pas participer », regrette-t-elle.

La cavalière sera néanmoins présente. Arrivé de New Market, Barak, l'un des pur-sang arabes entraînés à l'écurie depuis décembre, a en effet décroché son ticket pour les mondiaux.

Monté par un cavalier argentin, il s'alignera parmi une centaine de concurrents, à Euston park. « On vise une place dans le top dix. Il en a les moyens », estime Klervi Lefèvre.

En attendant, le couple continue à écumer chaque week-end les concours, aux quatre coins du pays. L'élevage compte déjà deux étalons de dix et douze ans, et trois poulinières.

Trois poulains, nés cette année, devraient être vendus à six mois, si tout va bien, lors du sevrage. « Notre ambition est de faire naître ici un champion. Un cheval commence à travailler vers quatre ans. À six ans, on se rend compte s'il a un potentiel de haut niveau ou non », explique la cavalière, qui rêve également de concourir à nouveau un jour en équipe de France. DL;

Élisabeth PETIT.